Différences

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semantique:ecarts_de_sens1 [2013/03/19 10:53]
vandaele [1.1. Distinguer les sens d’un polysème : les critères et la terminologie]
semantique:ecarts_de_sens1 [2013/03/30 11:56] (Version actuelle)
vandaele [1.2. La hiérarchie entre les valeurs]
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-Une bonne articulation entre sens et référent est donnée par <html><a href=":sémantique:écarts_de_sens6#P. Lecaudé (2010">P. LECAUDE (2010</a></html>, 621) entre les emplois (E) et les valeurs sémantiques (VS) qui en sont en quelque sorte l’émanation. Pour //uirtus//, elle différencie E1 courage du guerrier au combat, E2 mérite(s) du guerrier, E3 courage de l’homme d’tat face aux difficultés inhérentes à la vie politique, E4  mérite(s) de l’homme d’Etat, E5 vertu morale d’un être humain, E6 bonne qualité d’une chose, lesquels se regroupent en VS1 /courage/ /de X/ /face à l’adversité/ et VS2 /bonne qualité – valeur/ /de  X/ (p. 621). La distinction de P. Lecaudé rejoint celle établie antérieurement par <html><a href=":sémantique:écarts_de_sens6#J.-F. THOMAS  (2008 a)">J.-F. Thomas  (2008 a)</a></html> : les //emplois // sont//// les données de l’expérience linguistique, les //valeurs // les éléments fédérateurs sémantiques de ces emplois, la //signification // l’ensemble des valeurs d’un polysème, ce qui permet de réserver les termes d’//acception // et de //sens// pour une mesure de l’écart entre les valeurs [[:sémantique:écarts_de_sens2|§ 2]].+Une bonne articulation entre sens et référent est donnée par <html><a href=":sémantique:écarts_de_sens6#P. Lecaudé (2010">P. LECAUDE (2010</a></html>, 621) entre les emplois (E) et les valeurs sémantiques (VS) qui en sont en quelque sorte l’émanation. Pour //uirtus//, elle différencie E1 courage du guerrier au combat, E2 mérite(s) du guerrier, E3 courage de l’homme d’Etat face aux difficultés inhérentes à la vie politique, E4  mérite(s) de l’homme d’Etat, E5 vertu morale d’un être humain, E6 bonne qualité d’une chose, lesquels se regroupent en VS1 /courage/ /de X/ /face à l’adversité/ et VS2 /bonne qualité – valeur/ /de  X/ (p. 621). La distinction de P. Lecaudé rejoint celle établie antérieurement par <html><a href=":sémantique:écarts_de_sens6#J.-F. THOMAS  (2008 a)">J.-F. THOMAS  (2008 a)</a></html> : les //emplois // sont//// les données de l’expérience linguistique, les //valeurs // les éléments fédérateurs sémantiques de ces emplois, la //signification // l’ensemble des valeurs d’un polysème, ce qui permet de réserver les termes d’//acception // et de //sens// pour une mesure de l’écart entre les valeurs [[:sémantique:écarts_de_sens2|§ 2]].
  
  
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    *l’existence de dérivés est aussi un facteur pour différencier les sens. //Pater // a 3 sens car il a 3 dérivés : « père géniteur ou adoptif » (//paternus//), « père ayant la puissance » (//patrius//), « père de la patrie, sénateur » (//patricius//). Il en est de même pour //tempus // où se distinguent les valeurs de « moment » (//temporalis//) et « moment favorable » (//tempestiuus//).    *l’existence de dérivés est aussi un facteur pour différencier les sens. //Pater // a 3 sens car il a 3 dérivés : « père géniteur ou adoptif » (//paternus//), « père ayant la puissance » (//patrius//), « père de la patrie, sénateur » (//patricius//). Il en est de même pour //tempus // où se distinguent les valeurs de « moment » (//temporalis//) et « moment favorable » (//tempestiuus//).
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 ===== 1.2. La hiérarchie entre les valeurs ===== ===== 1.2. La hiérarchie entre les valeurs =====
  
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-Le cas d’//imbrex// est un bon exemple pour apprécier la différence. Le //Grand Gaffiot // décrit ainsi le sémantisme du substantif : le sens premier de ce dérivé d’//imber// « pluie » est « tuile faîtière, tuile creuse », mais le dictionnaire donne aussi « auge », « filet de porc », « cloison des narines », « façon d’applaudir avec le creux des mains ». La conception prototypique partirait de « tuile creuse » et classerait les autres emplois selon ce qui est plus ou moins proche de la « tuile faîtière, tuile creuse », mais l’on serait bien embarrassé pour établir un ordre. Une conception dynamique pose un signifié unique qui se module, et pour//imbrex//, ce serait  « de forme allongée et creuse », mais est-ce vraiment satisfaisant ? Applicable à des termes ‘concrets’, cette approche s’élève à la pure abstraction pour les termes plus ‘abstraits’ qui n’ont pas le support d’un référent plus immédiat.+Le cas d’//imbrex// est un bon exemple pour apprécier la différence. Le //Grand Gaffiot // décrit ainsi le sémantisme du substantif : le sens premier de ce dérivé d’//imber// « pluie » est « tuile faîtière, tuile creuse », mais le dictionnaire donne aussi « auge », « filet de porc », « cloison des narines », « façon d’applaudir avec le creux des mains ». La conception prototypique partirait de « tuile creuse » et classerait les autres emplois selon ce qui est plus ou moins proche de la « tuile faîtière, tuile creuse », mais l’on serait bien embarrassé pour établir un ordre. Une conception dynamique pose un signifié unique qui se module, et pour  //imbrex//, ce serait  « de forme allongée et creuse », mais est-ce vraiment satisfaisant ? Applicable à des termes ‘concrets’, cette approche s’élève à la pure abstraction pour les termes plus ‘abstraits’ qui n’ont pas le support d’un référent plus immédiat.