Grammaire générative



3. La morphologie

Le premier article à avoir traité de morphologie des langues anciennes est dû à Kiparsky (1968). Oniga se présente comme le seul générativiste à avoir étudié de manière extensive la morphologie du latin (1988, 1989, 1992, 2000 etc.). Ces travaux s’inscrivent dans le cadre de Item and Process. Son Il Latino (20072) présente une synthèse de sa démarche: rendre compte de l’ensemble des paradigmes à l’aide de règles explicites les moins nombreuses possibles: règles de composition et de dérivation, règles flexionnelles et pour finir réajustement phonologique. Par exemple, le paradigme de la 3èmeconjugaison est généré de la manière suivante:

[lege]+o lego

[lege]+s legis

[lege]+t legit

[lege]+mus legimus

[lege]+tis legitis

[lege]+unt legunt

(Oniga 2007, 112)

Les règles sont, dans l’ordre, les suivantes:

- disparition de la voyelle thématique devant désinence à initiale vocalique

- fermeture de la voyelle brève [ε] en [i] devant consonne (autre que [r])

Ces règles sont très puissantes pour rendre compte en synchronie du paradigme et accessoirement très efficaces dans une perspective didactique, même si, d’un point de vue historique, les règles phonétiques qui ont été réellement à l’œuvre sont en partie différentes. Ces règles sont par ailleurs considérées comme très générales: elles peuvent s’employer pour des langues tout à fait différentes et seraient aussi à l’œuvre dans l’évolution du latin vers les langues romanes (voir par exemple Calabrese 1998 sur l’évolution du système casuel).

Dans la lignée d’Aronoff, la flexion verbale repose sur 3 bases : par exemple, ama- / amau- / amat-. Cette dernière base est productive pour les formations adjectivales (amat-us, amat-urus) ou nominale (amat-um, mais aussi amat-or, amat-io).



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