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dictionnaire:uanitudo6 [2013/02/01 12:12]
garrido
dictionnaire:uanitudo6 [2014/12/20 16:06] (Version actuelle)
desiderio
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-<html><div class="titre">uānĭtudō, -ĭnis, f.</div></html> \\  <html><center><big><big>(substantif)</big></big></center></html> +<html><class="lestitres">uānĭtudō, -ĭnis, f.</p></html><html><center><big><big>(substantif)</big></big></center></html>  
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-===== 6.1. Histoire au cours de la latinité. Evolution des emplois =====+===== 6.1. Histoire au cours de la latinité. Évolution des emplois =====
  
  
-Même s’il est périlleux de définir l’évolution sémantique d’un lexème en se fondant uniquement sur deux occurrences seulement, l+Même s’il est périlleux de définir l’évolution sémantique d’un lexème en se fondant uniquement sur deux occurrences seulement, la chronologie invite néanmoins à penser que « mensonge » est le sens de base, d’où dériverait « vanité » : une certaine continuité existe entre /erreur/ et /image de soi donnée avec complaisance/, tandis que le second sémème comporte des sèmes en plus : tout cela caractérise une pluralité d’acceptions avec déplacement de sens (cf. [[:dictionnaire:uanitudo4detaille|§ 4.2]] ).
  
  
-a chronologie invite +===== 6.2. Étymologie et origine =====
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-néanmoins +
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-à penser que « mensonge » est le sens de base, d’où dérive +
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-« vanité » +
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-ne certaine continuité existe entre /erreur/ et /image de soi donnée avec complaisance/, tandis que le second sémème comporte des sèmes en plus : tout cela caractérise une pluralité d’acceptions avec déplacement de sens +
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-(cf. [[:dictionnaire:4.2|§ 4.2]] ). +
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-===== 6.2. Etymologie et origine =====+
  
  
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-L’ +L’adjectif //uānus// , qui a donné lieu, en latin, à bon nombre de dérivés (//[[:dictionnaire:uanitas|uānitās]]// ou //uānēscere // « se dissiper, s’évanouir »), peut remonter, par reconstruction interne, à %%*%%//wāno//- ou à %%*%%//wāzno//- ou à %%*%%//wazno// ‑. Un prototype contenant %%*%%/sno/ serait concevable, en raison de la parenté possible, acceptée par Nussbaum (1998, 73), de  //uānus // avec //uāstus//, lui-même apparenté notamment au vieux-haut-allemand //wuosti// « vide, désert » (du germanique %%*%%//wōstja// ‑).
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-adjectif +
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-//uānus// , qui a donné lieu, en latin, à bon nombre de dérivés ( +
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-[[:dictionnaire:uanitas|// uānitās //]]  +
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-ou //uānēscere // « se dissiper, s’évanouir »), peut remonter, par reconstruction interne, à %%*%%//wāno//- ou à %%*%%//wāzno//- ou à %%*%%//wazno// ‑. Un prototype contenant %%*%%/sno/ serait concevable, en raison de la parenté possible, acceptée par +
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-Nussbaum (1998, 73), de  //uānus // avec //uāstus//, lui-même apparenté notamment au vieux-haut-allemand //wuosti// « vide, désert » (du germanique %%*%%//wōstja// ‑). +
  
 La famille se rattache au védique //vā́yati // « être exténué », au sanskrit //nir//-//vāṇa//- « extinction, disparition », à l’avestique //frāuuaiia//- « faire disparaître ». Le degré zéro de la racine apparaît dans le védique //ūná//- « vide » et l’avestique //ūna//- « qui fait défaut ». La famille se rattache au védique //vā́yati // « être exténué », au sanskrit //nir//-//vāṇa//- « extinction, disparition », à l’avestique //frāuuaiia//- « faire disparaître ». Le degré zéro de la racine apparaît dans le védique //ūná//- « vide » et l’avestique //ūna//- « qui fait défaut ».
  
  
-La forme de la racine se laisse entrevoir grâce au rapprochement avec le grec+La forme de la racine se laisse entrevoir grâce au rapprochement avec le grec εὖνις « privé de ». Cette comparaison a permis à M. Peters (1980, 51, avec bibliographie) de poser une racine %%*%%//h<sub>1</sub>weh<sub>2</sub>// ‑. Dans ce cas, le grec εὖνις supposerait (abstraction faite du suffixe secondaire) un %%*%%//h<sub>1</sub>uh<sub>2</sub>no// ‑, qui est à la source du védique //ūná//- et de l’avestique //ūna//-. Le prototype %%*%%//h<sub>1</sub>uh<sub>2</sub>no// ‑ est également reflété en arménien dans  //ownayn //((CLACKSON (1994, 46). )) « vide », où le /u/ atone n’a pas été réduit car il se trouve en position initiale((CLACKSON (1994, 45). )). Pour rendre compte de la terminaison complexe -//ayn//, deux approches((NUSSBAUM (1998, 75, note 240). )) sont possibles. Ou bien l’on admet une chaîne de dérivation %%*%%//h<sub>1</sub>uh<sub>2</sub>no// ‑ « vide » (véd. //ūná// ‑) → collectif %%*%%//h<sub>1</sub>uh<sub>2</sub>neh<sub>2</sub>// « espace vide » → dérivé du collectif %%*%%//h<sub>1</sub>uh<sub>2</sub>neh<sub>2</sub>‑ino// ‑ « vide ». Ou bien, au lieu d’admettre une explication en termes indo-européens (peut-être exposée à l’anachronisme), on pourrait partir du constat que arm. //ownayn// comporte le même élément que //miayn // « seul » et //amenayn// « tout ». Cette question est toutefois sans incidence pour les faits latins. La reconstruction d’une racine %%*%%//h<sub>1</sub>weh<sub>2</sub>// ‑ a reçu une confirmation indépendante grâce à la mise en relation, proposée par Nussbaum (1998, 79-84), de cette famille avec le grec ἐάω, l’auteur ayant prouvé, par une enquête interne au grec, que les formes de ἐάω ne peuvent s’expliquer que par un radical grec %%*%%//ewā// ‑ (aor. ἐᾶσαι, ind. εἴασα, fut. ἐάσω ont un /ā/ long). Le digamma interne est par exemple attesté dans les gloses ἔβασον· ἔασον, Συρακόσιοι et εὔα· … ἔα. Comme l’explique Nussbaum (1998, 50), l’augment que présentent εἴασα et l’imparfait εἴων est secondaire, puisque, en cette position, la longue devait être abrégée((NUSSBAUM (1998, 41, 47-48). Comme le souligne l’auteur (p. 41), les formes résultant de l’abrègement « were simply re-augmented ». )) en hiatus. Bien que le rapprochement de  //uānus // avec ἐάω paraisse très satisfaisant, il reste que la formation du thème de présent grec fait encore l’objet d’un débat : a-t-on la trace d’un présent hérité, comme le propose Jasanoff (2003, 110), ou bien ἐάω est-il plus simplement une création interne au grec, comme le suggère Nussbaum (1998, 45)? Finalement, les reconstructions %%*%%//wāno//- ou %%*%%//wāzno//- de  //uānus // se laisseraient ramener à des prototypes indo-européens %%*%%//h<sub>1</sub>weh<sub>2</sub>-no-// ou %%*%%//h<sub>1</sub>weh<sub>2</sub>-s-no-//, tandis que //uāstus// reflète %%*%%//h<sub>1</sub>weh<sub>2</sub>-s-to‑//. Le gotique //wans // « manquant » remonte, quant à lui, à %%*%%//h<sub>1</sub>uh<sub>2</sub>-(o)no‑//.
  
- +En revanche, //uānus// n’est pas nécessairement apparenté à la famille de //uacuus//, qui pourrait contenir une racine de structure %%*%%//wVk// ‑ (on compare le hittite //wakkāri// « manquer », mais l’étymologie de ce verbe est elle-même débattue((KLOEKHORST (2008, sv).))).
-εὖνις « privé de ». Cette comparaison a permis à M. Peters +
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-(1980, 51, avec bibliographie) +
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-Dans ce cas, le grec +
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-qui est à la source du védique //ūná//- et de l’avestique //ūna//-. +
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-%%*%%//h<sub>1</sub>uh<sub>2</sub>no// ‑ est également reflété en arménien dans  //ownayn // <sup>((1))</sup> +
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-sont possibles. Ou bien l’on admet une chaîne de dérivation %%*%%//h<sub>1</sub>uh<sub>2</sub>no// ‑ « vide » (véd. //ūná// ‑) → collectif %%*%%//h<sub>1</sub>uh<sub>2</sub>neh<sub>2</sub>// « espace vide » → dérivé du collectif %%*%%//h<sub>1</sub>uh<sub>2</sub>neh<sub>2</sub>‑ino// ‑ « vide ». Ou bien, au lieu d’admettre une explication en termes indo-européens (peut-être exposée à l’anachronisme), on pourrait partir du constat que arm. //ownayn// comporte le même élément que +
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-proposée par Nussbaum (1998, 79-84), de cette famille avec le grec ἐάω, l’auteur ayant prouvé, par une enquête interne au grec, que les formes de ἐάω ne peuvent s’expliquer que par un radical grec %%*%%//ewā// ‑ ( +
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-en hiatus. Bien que le rapprochement de  //uānus // avec ἐάω paraisse très satisfaisant, il reste que la formation du thème de présent grec fait encore l’objet d’un débat : a-t-on la trace d’un présent hérité, comme le propose Jasanoff (2003, 110), ou bien ἐάω est-il plus simplement une création interne au grec, comme le suggère Nussbaum (1998, 45) ? +
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-Finalement, les reconstructions %%*%%//wāno//- ou %%*%%//wāzno//- de  //uānus //  +
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-se laisseraient ramener à des prototypes indo-européens %%*%%//h<sub>1</sub>weh<sub>2</sub>-no-// ou %%*%%//h<sub>1</sub>weh<sub>2</sub>-s-no-//, tandis que //uāstus// reflète %%*%%//h<sub>1</sub>weh<sub>2</sub>-s-to‑//. Le gotique //wans // « manquant » remonte, quant à lui, à %%*%%//h<sub>1</sub>uh<sub>2</sub>-(o)no‑//. +
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-En revanche, //uānus// n’est pas nécessairement apparenté à la famille de //uacuus//, qui pourrait contenir une racine de structure %%*%%//wVk// ‑ (on compare le hittite //wakkāri// « manquer », mais l’étymologie de ce verbe est elle-même débattue((KLOEKHORST (2008, sv).)) +
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-D’un point de vue diachronique, le substantif //u// //ā // //n// //ĭ // //t// //ū // //dō // est une formation de date latine, à l’aide du suffixe latin -//t// //ū // //dō// (gén. -//tūdĭn-is//) ou //-ĭ // //t// //ū // //dō // (//-ĭ // //t// //ū // //dĭn-is//) F., qui s’est ajouté au thème de l’adjectif //uānus, -a, -um, // « vide, vain, fallacieux », que la voyelle //ĭ// soit le phonème final du thème (//u// //ā // //n// //ĭ// //t// //ū // //dō //: il représente alors la fermeture de la voyelle thématique//%%*%%-o-//) ou bien le phonème initial du suffixe (//u// //ā // //n-// //ĭ // //t// //ū // //dō //: il représente alors un allomorphe du suffixe élargi vers l’avant, selon un procédé usuel pour les suffixes latins). +D’un point de vue diachronique, le substantif //uānĭtūdō// est une formation de date latine, à l’aide du suffixe latin -//tūdō// (gén. -//tūdĭn-is//) ou //-ĭtūdō// (//-ĭtūdĭn-is//) F., qui s’est ajouté au thème de l’adjectif //uānus, -a, -um, // « vide, vain, fallacieux », que la voyelle //ĭ// soit le phonème final du thème (//uānĭ-tūdō//: il représente alors la fermeture de la voyelle thématique//%%*%%-o-//) ou bien le phonème initial du suffixe (//uān-ĭtūdō//: il représente alors un allomorphe du suffixe élargi vers l’avant, selon un procédé usuel pour les suffixes latins).
  
-Le suffixe –//t// //ū // //dō// (gén. -//tūdĭn-is//) F. pourrait s’analyser en deux éléments : 
  
 +Le suffixe –//tūdō// (gén. -//tūdĭn-is//) F. pourrait s’analyser en deux éléments :
  
-- un ancien suffixe –//t// //ū // //-// hérité substantival et déadjectival ou désubstantival présent dans //iuuentūs// (gén. //iuuentūt-is//) F « jeunesse » ou //senectūs// (gén. //senectūt-is//) F. « vieillesse », 
  
 +- un ancien suffixe –//tū-// hérité substantival et déadjectival ou désubstantival présent dans //iuuentūs// (gén. //iuuentūt-is//) F « jeunesse » ou //senectūs// (gén. //senectūt-is//) F. « vieillesse »,
  
-- et un suffixe -//dō // (gén. //- // //dĭn-is//) présent dans //cupīdō// F (gén. //cupīdĭn-is//) ou //libīdo// F (gén. //libīdĭn-is//). Pour des informations plus détaillées sur ce suffixe, voir [[:dictionnaire:dhell_formation_des_mots_3_sup_e_sup_partie|DHELL, Formation des mots (3<sup>e</sup>partie)]]. \\  \\  [[:dictionnaire:uanitudo5|Page précédente]] ou [[:dictionnaire:uanitudo|Retour au plan]] ou [[:dictionnaire:uanitudo7|Page suivante]] 
  
 +- et un suffixe -//dō// (gén. //-dĭn-is//) présent dans //cupīdō// F (gén. //cupīdĭn-is//) ou //libīdo// F (gén. //libīdĭn-is//). Pour des informations plus détaillées sur ce suffixe, voir [[:dictionnaire:dhell_formation_des_mots_3_sup_e_sup_partie|DHELL, Formation des mots (3e partie)]]. \\  \\  [[:dictionnaire:uanitudo5|Page précédente]] ou [[:dictionnaire:uanitudo|Retour au plan]] ou [[:dictionnaire:uanitudo7|Page suivante]]