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5. Place dans le lexique latin

5.1. Analyse synchronique du lexème. Formation du mot en latin

En synchronie, le sujet parlant pouvait associer la première partie du motsuperbus (la séquence constituée par les 2 premières syllabes) à l’élément de relation super (-), adverbe et préposition super « au-dessus (de) », préverbe et préfixe super-. Pour l’analyse diachronique du lexème, cf. § 6.2.. L’élément de relation super (-), en effet, tout comme l’adjectif superbus étaient associés à la notion de ‘supériorité’ d’une entité située au-dessus d’une autre ou de plusieurs autres.

5.2. Les interprétations et ré-analyses synchroniques des auteurs latins

La définition d’Isidore montre que superbus était bien analysé en synchronie comme super-bus en deux éléments, dont le premier était bien reconnu par les sujets parlants comme étant associable à l’adverbe ou à la préposition super ainsi qu’au préverbe super- :

Isid. Or. 10, 248 : superbus dictus quia super uult uideri quam est ;qui enim uult supergredi quod est, superbus est. (cf. Maltby)

« On dit de quelqu’un qu’il est superbusparce qu’il veut paraître au-dessus (super) de ce qu’il est ; car celui qui veut surpasser (supergredi) ce qu’il est est superbus. »

5.3. « Famille » synchronique du terme

L’adjectif superbus et le substantif //superbia// ont une évolution sémantique parfaitement parallèle. L’idée unificatrice de leurs valeurs,

celle d’une supériorité sûre d’elle-même qui ne peut que chercher à se montrer (sème /qui manifeste sa prééminence/), se retrouve également dans les composés superbiloquentia (substantif avec un 1erterme de composé : superbi-° et un 2èmeterme suffixé en -ia:°-loquent-ia) et superbificus (adjectif avec un 1erterme de composé : superbi-° et un 2èmeterme de sens causatif : °-fic-us « qui rend, qui fait »), qui sont tous deux des hapax :

Cic. Tusc. 4, 35 (vers cité à propos de Tantale) :

ob scelera animique inpotentiam et superbiloquentiam.

« En châtiment de ses crimes, de ses débordements et de son langage arrogant. » (traduction J.-F. Thomas)

Sén. Herc. f., où Junon parle ainsi d’Hercule (v. 57-59) :

At ille, rupto carcere umbrarum ferox,

de me triumphat et superbifica manu

atrum per urbes ducit Argolicas canem.

« Et lui, tout fier d’avoir brisé la prison des ombres, triomphe de moi et de ce bras qui le rend si hautain, il conduit parmi les villes argiennes le chien couleur de nuit. » (traduction F.-R. Chaumartin, 1996, CUF)

On la retrouve aussi dans le verbe dénominatif superbio, superbire, qui est d’abord employé en poésie avec le sens d’« éprouver une noble fierté », par exemple chez Properce :

Prop. 4, 1, 63 : ut nostris tumefacta superbiat Vmbria libris.

« pour que l’Ombrie gonflée de satisfaction soit fière de mes livres. » (traduction J.-F. Thomas)

Mais le verbe peut ensuite être employé en prose pour caractériser une fierté déplacée :

Tac. An. 2, 36, 3 (à propos du consulat) : Superbire homines etiam annua designatione.

« On s’enorgueillissait même d’être désigné pour un an. » (traduction P. Wuilleumier, 1974, CUF)

5.4. Associations synchroniques avec d’autres lexèmes

Superbus et //superbia// entretiennent une relation synonymique étroite avec //arrogans// et //arrogantia// avec la signification d’« orgueil, comportement hautain », mais une relation plus distante avec la signification « vanité » de //gloria//, //uanitas// et //arrogantia//.

sŭperbus, -a, -um
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