Ceci est une ancienne révision du document !


7. Descendance du lexème

7.1. Les descendants du lexème dans les langues romanes par la voie phonétique

7.1.1. Phonétique et phonologie

Lat. laus a abouti à la forme anc.-fr. los, sorti de l’usage dès l’époque classique.

Les langues romanes de la péninsule ibérique ont les formes suivantes, qui sont des dérivés régressifs du verbe auquel a abouti lat. laudaredans ces langues :

-

cat.

lloa, dérivé de cat. lloar < lat. laudare (DECLC) ;

-

esp. loa , dérivé d’esp. loar < lat. laudare (DCECH) ;

-

port. loa. , dérivé de port. loar < lat. laudare.

7.1.2. Sémantique

En ancien français, los conserve les sens d’« éloge », « réputation », « approbation », « conseil, avis » qu’avait lat. laus. Lorsqu’il sort de l’usage, dès l’époque classique, anc.-fr. löange prend le relais et exprime à la fois le sens d’« éloge » et celui de « titre de gloire, mérite ». En français moderne, ce dernier sens ne subsiste plus que dans certaines expressions lexicalisées : fr. chanter les louanges de quelqu’un, c’est tout à sa louange [1] .

Anc.-fr. löange est un dérivé du verbe anc.-fr. loer (< anc.-fr. lauder, 2emoitié du Xes.) « prodiguer des louanges », puis « conseiller », « approuver », « se glorifier de », « être satisfait de ».

Dans les autres langues considérées au § 7.1.1, le nom dérivé du verbe issu de lat. laudare n’est pas fréquent. Il fut remplacé ou tend à être remplacé, respectivement, par :

-

cat. lloança,

-

esp. alabanza, dérivé du verbe alabar « faire l’éloge », « célébrer par des paroles » ou « se vanter » ; ce verbe est hérité du lat. tard. alapāri « souffleter », de alapa, ae (f.) « soufflet » et, en particulier, « soufflet que l’on donnait pour affranchir un esclave » ; voir aussi alapator, oris (m.) : « vantard ».

-

port. louvação

7.2. Les emprunts faits au latin par les langues anciennes et modernes

L’ancien-français laude est un emprunt au latin laus, avec le sens de « louange, éloge » (attesté à la fin du XIIesiècle).

Le pluriel lat. laudes, dans son emploi ecclésiastique, fut emprunté en ancien français au début du XIIIesiècle : anc.-fr. laudes ([lo:d]). Le mot désigne une partie de l’office divin, cette dénomination s’expliquant par la récurrence de l’impératif laudate dans les Psaumes (notamment 146 à 150) (cf. TLFi).



[1] Voir Le Robert : Dictionnaire historique de la langue française, sous la direction d’A. REY, Paris, ditions Le Robert, 1992, s.u. louer.