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dictionnaire:femina5 [2013/02/03 19:34]
lecaude [5.2. Les interprétations et ré-analyses synchroniques des auteurs latins]
dictionnaire:femina5 [2014/12/17 13:27] (Version actuelle)
desiderio
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-<html><div class="titre">fēmĭna, -ae (f.)</div></html> \\  <html><center><big><big>(substantif)</big></big></center></html> +<html><class="lestitres">fēmĭna, -ae (f.)</p></html> <html><center><big><big>(substantif)</big></big></center></html> 
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-//Fēmina // semble immotivé en synchronie, dès le latin archaïque, et non construit en latin même ; son thème synchronique //f////ēmin-// semble fonctionner comme un seul morphème, qui, en synchronie, n’est pas analysable en unités plus petites. +//Fēmina // semble immotivé en synchronie, dès le latin archaïque, et non construit en latin même ; son thème synchronique //f// //ēmin-// semble fonctionner comme un seul morphème, qui, en synchronie, n’est pas analysable en unités plus petites.
 ===== 5.2. Les interprétations et ré-analyses synchroniques des auteurs latins ===== ===== 5.2. Les interprétations et ré-analyses synchroniques des auteurs latins =====
  
  
-Les grammairiens latins rapprochent //f////ēmina, -ae, // F. de //femen, -inis,// Nt. ou //femur, -oris//, Nt. Ainsi, selon Isidore de Séville :+Les grammairiens latins rapprochent //f// //ēmina, -ae, // F. de //femen, -inis,// Nt. ou //femur, -oris//, Nt. Ainsi, selon Isidore de Séville :
  
  
-    * Isid. //Or//. 11.2.24((Cf. R. MALTBY (1991, 228).)): //**femina** a partibus **femorum**,  a uiro distinguitur. Alii a Graeca etymologia feminam ab ignea ui dictam putant quia uehementer concupiscit.// \\  « On dit //femina//    (« femme ») d’après les parties des cuisses (//femur)//, où l’aspect de son sexe la différencie de l’homme. D’autres, d’après une étymologie grecque, pensent que l’on dit //femina//    à cause de la force du feu, parce que la femme a des désirs impétueux » (traduction M. Guérin).+    * Isid. //Or//. 11.2.24<sup>((1))</sup>: //**femina**  a partibus **femorum**, ubi sexus species a uiro distinguitur. Alii a Graeca etymologia feminam ab ignea ui dictam putant quia uehementer concupiscit.// \\  « On dit //femina//     (« femme ») d’après les parties des cuisses (//femur)//, où l’aspect de son sexe la différencie de l’homme. D’autres, d’après une étymologie grecque, pensent que l’on dit //femina//     à cause de la force du feu, parce que la femme a des désirs impétueux » (traduction M. Guérin).
  
  
-Si le rapprochement entre //femur// « cuisse » et //fēmina//    s’explique par l’identité de la séquence initiale [fem] des deux lexèmes, il est plus difficile de comprendre ce qui, dans la pensée d’Isidore ou de ceux qu’il cite, permet de lier //fēmina//    et //ignis//    « feu » ou //uis//    « force ».+Si le rapprochement entre //femur//  « cuisse » et //fēmina//  s’explique par l’identité de la séquence initiale [fem] des deux lexèmes, il est plus difficile de comprendre ce qui, dans la pensée d’Isidore ou de ceux qu’il cite, permet de lier //fēmina//     et //ignis//     « feu » ou //uis//     « force ».
  
  
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-//Fēmĭnă//    est à l’origine de dérivés assez nombreux, appartenant à diverses parties du discours.+//Fēmĭnă//     est à l’origine de dérivés assez nombreux, appartenant à diverses parties du discours.
  
  
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-- **//Fēmĭn-ĕus, -a, -um//      **     est le plus employé des adjectifs dérivés de //fēmĭnă//. Attesté à partir de l’époque classique (première occurrence en Cic. //Carm//. //frg//. 33.18), le terme est signalé par le //TLL//    comme très poétique et exceptionnellement rare en prose. Il possède principalement deux emplois : \\  \\  (1) « féminin », « de femme, des femmes » comme adjectif de sens relationnel, équivalant au génitif de sa base de suffixation, pour des situations précises : +- **//Fēmĭn-ĕus, -a, -um//    **      est le plus employé des adjectifs dérivés de //fēmĭnă//. Attesté à partir de l’époque classique (première occurrence en Cic. //Carm//. //frg//. 33.18), le terme est signalé par le //TLL//     comme très poétique et exceptionnellement rare en prose. Il possède principalement deux emplois : \\  \\  (1) « féminin », « de femme, des femmes » comme adjectif de sens relationnel, équivalant au génitif de sa base de suffixation, pour des situations précises : 
-    * Virg. //En//. 2, 487-488 : \\  //Penitusque cauae **plangoribus**    aedes// \\  //**femineis**    ululant. //      […]  \\  « Du plus profond les pièces lointaines retentissent **du cri lamentable des femmes**      » (traduction J. Perret, 1977, CUF).+    * Virg. //En//. 2, 487-488 : \\  //Penitusque cauae **plangoribus**     aedes// \\  //**femineis**     ululant. //    […]  \\  « Du plus profond les pièces lointaines retentissent **du cri lamentable des femmes**    » (traduction J. Perret, 1977, CUF).
  
  
-(2)« caractéristique des femmes (en mauvaise part) », c’est-à-dire « efféminé », « lâche », « faible »+((Probablement avec i long, puisqu’il s’agit du suffixe adjectival désubstantival et non du suffixe déverbal en i bref (voir la 3ème partie) ; un i bref est donné par le  Dictionnaire latin-français de F. Gaffiot ainsi que par le  Grand Gaffiot))« caractéristique des femmes (en mauvaise part) », c’est-à-dire « efféminé », « lâche », « faible »
  
  
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-- **//Fēmĭn-īnus, -a, -um//      **    est beaucoup plus rare. La première occurrence (Titin. //Com//. 171, cité par Festus) date de l’époque archaïque (Titinius étant contemporain de Térence et étant l’auteur de comédies dont il ne reste que quelques fragments). Le terme n’acquiert une certaine fréquence qu’à partir de Pline l’Ancien, puis chez les auteurs chrétiens et les commentateurs tardifs. Il possède plusieurs emplois : \\  \\  (1) « féminin », « de femme (humaine) » : +- **//Fēmĭn-īnus, -a, -um//    **     est beaucoup plus rare. La première occurrence (Titin. //Com//. 171, cité par Festus) date de l’époque archaïque (Titinius étant contemporain de Térence et étant l’auteur de comédies dont il ne reste que quelques fragments). Le terme n’acquiert une certaine fréquence qu’à partir de Pline l’Ancien, puis chez les auteurs chrétiens et les commentateurs tardifs. Il possède plusieurs emplois : \\  \\  (1) « féminin », « de femme (humaine) » : 
-    * Titin. //Com//. 171 : //**feminina**    fabulare succrotilla **uocula** // \\  « parler d’une petite voix fluette **de femme**    » (traduction M. Guérin)+    * Titin. //Com//. 171 : //**feminina**     fabulare succrotilla **uocula** // \\  « parler d’une petite voix fluette **de femme**     » (traduction M. Guérin)
  
  
-(2) « féminin », « femelle » (qualifiant souvent les substantifs //genus//    ou //sexus//) :+(2) « féminin », « femelle » (qualifiant souvent les substantifs //genus//     ou //sexus//) :
  
  
-    * Plin. //HN//    24, 151 : //Sed unum miraculum ingens : contacto genitali [herba ari] **feminini** **sexus**    animal in perniciem agi.// \\  « Mais il y a une chose très étonnante : si on touche [avec la plante //aris//] les parties génitales d’un animal **de sexe féminin**, on le fait mourir » (traduction M. Guérin).+    * Plin. //HN//     24, 151 : //Sed unum miraculum ingens : contacto genitali [herba ari] **feminini** **sexus**     animal in perniciem agi.// \\  « Mais il y a une chose très étonnante : si on touche [avec la plante //aris//] les parties génitales d’un animal **de sexe féminin**, on le fait mourir » (traduction M. Guérin).
  
  
-(3) « de genre grammatical féminin », appliqué à un lexème :+((Pour la distinction entre suffixe morphologique et suffixe morphématique, voir  < html> < < /a> < /html>.)) « de genre grammatical féminin », appliqué à un lexème :
  
  
-    * Quint. //Inst//.1.5.54 : //In eadem specie sunt, sed schemate carent, ut supra dixi, **nomina** **feminina**    quibus mares utuntur, et neutralia quibus feminae.// \\  « Dans la même espèce, sans être des figures, se rencontrent des noms, comme je l’ai dit plus haut, qui sont **féminins **      par la forme et s’appliquent à des êtres masculins, et des neutres, qui s’appliquent à des êtres féminins. » (traduction J. Cousin, 1975, CUF).+    * Quint. //Inst//.1.5.54 : //In eadem specie sunt, sed schemate carent, ut supra dixi, **nomina** **feminina**     quibus mares utuntur, et neutralia quibus feminae.// \\  « Dans la même espèce, sans être des figures, se rencontrent des noms, comme je l’ai dit plus haut, qui sont **féminins **    par la forme et s’appliquent à des êtres masculins, et des neutres, qui s’appliquent à des êtres féminins. » (traduction J. Cousin, 1975, CUF).
  
  
-//-** Fēmĭn-īlis, -e**      //, formé avec un suffixe –//īlis//((Probablement avec i long, puisqu’il s’agit du suffixe adjectival désubstantival et non du suffixe déverbal en i bref (voir la 3ème partie) ; un i bref est donné par le //Dictionnaire latin-français// de F. Gaffiot ainsi que par le //Grand Gaffiot//.)) au sens de « féminin, de femme » a seulement quelques occurrences tardives ; il s’agit d’une création analogique sur son antonyme //uir-īlis//     (sur //uir //    « homme, être humain masculin ») ; la forme <//feminile//    > est présentée par le grammairien Pompée (V<sup>e</sup>siècle) comme neutre sans que, selon le //TLL//, on puisse lui attribuer une signification : il pourrait s’agir d’un //e //    long et la base de dérivation serait alors //fēmina//     ou bien d’un //e//     bref sur une base de dérivation //femen / femur//     « cuisse ».+//-** Fēmĭn-īlis, -e**    //, formé avec un suffixe –//īlis// <sup>((2)))<;/sup>au sens de « féminin, de femme » a seulement quelques occurrences tardives ; il s’agit d’une création analogique sur son antonyme //uir-īlis//      (sur //uir //     « homme, être humain masculin ») ; la forme <//feminile//     > est présentée par le grammairien Pompée (V<sup>e</sup>siècle) comme neutre sans que, selon le //TLL//, on puisse lui attribuer une signification : il pourrait s’agir d’un //e //     long et la base de dérivation serait alors //fēmina//      ou bien d’un //e//      bref sur une base de dérivation //femen / femur//      « cuisse ».
  
  
-- **//Effēmĭnā-tus, -a, -um//    **     est à l’origine le participe parfait passif du verbe //effēminā-re//     (voir [[:dictionnaire:femina5#5.3.3. Verbes|infra]]). Il fut ensuite adjectivisé comme un adjectif qualificatif de sens gradable « efféminé », puisque sont attestés à la fois le comparatif //effēminātior//    (V.-Max. 9, 3) et le superlatif //effēminātissimus//    (Q. Cic. //Fam//. 16, 27).+- **//Effēmĭnā-tus, -a, -um//     **      est à l’origine le participe parfait passif du verbe //effēminā-re//      (voir [[:dictionnaire:femina5|infra]] ). Il fut ensuite adjectivisé comme un adjectif qualificatif de sens gradable « efféminé », puisque sont attestés à la fois le comparatif //effēminātior//     (V.-Max. 9, 3) et le superlatif //effēminātissimus//     (Q. Cic. //Fam//. 16, 27).
 ==== 5.3.2. Substantifs ==== ==== 5.3.2. Substantifs ====
  
  
-- **//Fēmella, ae, //      F.**    est formé sur le thème //fēmin//- à l’aide du suffixe dit « diminutif » //%%*%%-lo-//    au masculin, //%%*%%-lā-//    ici au féminin (phonétiquement %%*%%… //in-la //      donne ici //…el-la//    par assimilation consonantique régressive à la frontière de syllabe). Il s’agit bien du terme qui donnera fr. //femelle//, mais il ne sera lexicalisé qu’au Moyen ge. Pour la période antique, le //TLL//    ne relève qu’une seule occurrence, chez Catulle : le suffixe « diminutif » est ici un morphème((Pour la distinction entre suffixe morphologique et suffixe morphématique, voir <html><a href=":dictionnaire:femina8#M. FRUYT (1989, 137)">M. FRUYT (1989, 137)</a></html>.))  de valeur connotative que l’auteur ajoute librement au thème //fēmin//- pour marquer ses sentiments, de mépris ou d’amusement badin, à l’égard de « petites femmes » :+- **//Fēmella, ae, //    F.**     est formé sur le thème //fēmin//- à l’aide du suffixe dit « diminutif » //%%*%%-lo-//     au masculin, //%%*%%-lā-//     ici au féminin (phonétiquement %%*%%… //in-la //    donne ici //…el-la//     par assimilation consonantique régressive à la frontière de syllabe). Il s’agit bien du terme qui donnera fr. //femelle//, mais il ne sera lexicalisé qu’au Moyen ge. Pour la période antique, le //TLL//     ne relève qu’une seule occurrence, chez Catulle : le suffixe « diminutif » est ici un morphème<sup>((3)))</sup>de valeur connotative que l’auteur ajoute librement au thème //fēmin//- pour marquer ses sentiments, de mépris ou d’amusement badin, à l’égard de « petites femmes » : 
 +    * Catul. //Carm//. 55, 6-7 : \\  //In Magni simul ambulatione // \\  **//Femellas// ** // omnes, amice, prendi.// \\  «Dans la promenade de Pompée le Grand j’ai arrêté en même temps, mon ami, toutes les **filles**   » (traduction G. Lafaye, 1998, CUF).
  
-    * Catul. //Carm//. 55, 6-7 : \\ //In Magni simul ambulatione // \\ **//Femellas//  **  // omnes, amice, prendi.// \\ «Dans la promenade de Pompée le Grand j’ai arrêté en même temps, mon ami, toutes les **filles**  » (traduction G. Lafaye, 1998, CUF). 
  
 +- **//Fēmin-al, -ālis, //   Nt.**    « sexe de la femme » est formé sur le thème //fēmin//- avec le suffixe substantival neutre -//al//. Le terme est rare, attesté (d’après le //TLL//) uniquement chez Apulée, mais à plusieurs reprises :
 +    * Apul. //M//. 2.17 : […]// in speciem Veneris quae marinos flucutus subit pulchre reformata, paulisper etiam glabellum **feminal**    rosea palmula potius obumbrans de industria quam tegens uerecundia.// \\  « Photis m’apparaissait […] transfigurée sous les traits de Vénus quand elle émerge des flots marins et, comme elle, ombrageant d’une petite main rose la blancheur lisse de son **sexe**, plus par coquetterie que dans un geste de pudeur » (traduction P. Valette, 1989, CUF).
  
-- **//Fēmin-al, -ālis, //  Nt.**   « sexe de la femme » est formé sur le thème //fēmin//- avec le suffixe substantival neutre -//al//. Le terme est rare, attesté (d’après le //TLL//) uniquement chez Apulée, mais à plusieurs reprises : 
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-    * Apul. //M//. 2.17 : […]// in speciem Veneris quae marinos flucutus subit pulchre reformata, paulisper etiam glabellum **feminal**   rosea palmula potius obumbrans de industria quam tegens uerecundia.// \\ « Photis m’apparaissait […] transfigurée sous les traits de Vénus quand elle émerge des flots marins et, comme elle, ombrageant d’une petite main rose la blancheur lisse de son **sexe**, plus par coquetterie que dans un geste de pudeur » (traduction P. Valette, 1989, CUF). 
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-- **//Effēmĭnā-tĭō, -tiōnis, //  F.// //  **  « fait d’amollir, d’affaiblir » est un substantif en //–tiō** **  // déverbal, nom de procès bâti sur le thème d’//infectum //  du verbe //effēmināre//   (voir [[:dictionnaire:femina5#5.3.3. Verbes|infra]]). Il s’agit d’une création tardive : le terme n’est pas attesté avant Cornelius Fronto (grammairien du II<sup>e</sup>siècle après J.C.) ; il reste très rare (moins de dix occurrences pour toute la latinité depuis ses origines jusqu’à 500 ap. J.-C.), et il est surtout utilisé par les auteurs chrétiens (Tertullien et Jérôme) :  
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-    * Tert. //Apol//. 15, 3 : //Ipsum quod imago dei uestri ignominiosum caput et famosum uestit, quod corpus impurum et ad istam artem **effeminatione**     productum Mineruam aliquam uel Herculem repraesentat, nonne uiolatur maiestas et diuinitas constupratur plaudentibus uobis ? // \\ « Et l’image de votre dieu revêt une tête ignominieuse et infâme ; quand c’est un corps dressé à cet art par **une vie efféminée**     qui représente une Minerve ou un Hercule, la majesté divine n’est-elle pas violée et la divinité n’est-elle pas souillée, au milieu de vos applaudissements ? » (traduction J.-P. Waltzing, 1929, CUF) 
  
 +- **//Effēmĭnā-tĭō, -tiōnis, //   F.// //   **   « fait d’amollir, d’affaiblir » est un substantif en //–tiō** **   //  déverbal, nom de procès bâti sur le thème d’//infectum //   du verbe //effēmināre//    (voir [[:dictionnaire:femina5|infra]] ). Il s’agit d’une création tardive : le terme n’est pas attesté avant Cornelius Fronto (grammairien du II<sup>e</sup>siècle après J.C.) ; il reste très rare (moins de dix occurrences pour toute la latinité depuis ses origines jusqu’à 500 ap. J.-C.), et il est surtout utilisé par les auteurs chrétiens (Tertullien et Jérôme) :
 +    * Tert. //Apol//. 15, 3 : //Ipsum quod imago dei uestri ignominiosum caput et famosum uestit, quod corpus impurum et ad istam artem **effeminatione**      productum Mineruam aliquam uel Herculem repraesentat, nonne uiolatur maiestas et diuinitas constupratur plaudentibus uobis ? // \\  « Et l’image de votre dieu revêt une tête ignominieuse et infâme ; quand c’est un corps dressé à cet art par **une vie efféminée**      qui représente une Minerve ou un Hercule, la majesté divine n’est-elle pas violée et la divinité n’est-elle pas souillée, au milieu de vos applaudissements ? » (traduction J.-P. Waltzing, 1929, CUF)
  
  
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-- **//Effēmĭnā-re //      **      //(-āui, -ātum) //     est un verbe dénominatif bâti sur //fēmina//. Il pourrait être, plus précisément, un verbe parasynthétique formé par l’ajout simultané du préverbe //ex-//    et du morphème verbal -//ā-//, qui reprend ici le phonème final de la base de dérivation. On pourrait songer également à un préverbé en //ex//- sur //fēminare//, dénominatif de //fēmina, //      mais le faible nombre des attestations du verbe //fēminare//    fait pencher vers une formation parasynthétique (voir ci-dessous). Le terme est attesté à partir de Cicéron ; il est courant dans toute la latinité classique et très utilisé par les auteurs chrétiens. Il possède plusieurs emplois : \\ \\ (1) « rendre délicat, amollir (souvent en mauvaise part), affaiblir, dépraver », littéralement « rendre (semblable à une) femme ». Le verbe s’applique à la fois aux hommes et aux choses, et est employé en ce sens durant toute la latinité : +- **//Effēmĭnā-re //    **    //(-āui, -ātum) //      est un verbe dénominatif bâti sur //fēmina//. Il pourrait être, plus précisément, un verbe parasynthétique formé par l’ajout simultané du préverbe //ex-//     et du morphème verbal -//ā-//, qui reprend ici le phonème final de la base de dérivation. On pourrait songer également à un préverbé en //ex//- sur //fēminare//, dénominatif de //fēmina, //    mais le faible nombre des attestations du verbe //fēminare//     fait pencher vers une formation parasynthétique (voir ci-dessous). Le terme est attesté à partir de Cicéron ; il est courant dans toute la latinité classique et très utilisé par les auteurs chrétiens. Il possède plusieurs emplois : \\  \\  (1) « rendre délicat, amollir (souvent en mauvaise part), affaiblir, dépraver », littéralement « rendre (semblable à une) femme ». Le verbe s’applique à la fois aux hommes et aux choses, et est employé en ce sens durant toute la latinité : 
 +    * Cic. //Tusc//. 1, 95 : //Nam nunc quidem cogitationibus mollissimis **effeminamur**, ut, si ante mors aduentet quam Chaldaeorum promissa consecuti sumus, spoliati magnis quibusdam bonis inlusi destitutique uideamur.// \\  « Car, pour le moment, nous nous laissons **efféminer**     par les idées les plus lâches, au point que si la mort venait à nous frapper avant que ne se réalisent les promesses des Chaldéens, nous nous croirions dépouillés de biens d’une importance considérable, joués et dupés » (traduction J. Humbert, 1931, CUF). 
 +    * Quint. //Inst//. 8, //prooem//. 20 : //Similiter illa translucida et uersicolor quorundam elocutio res ipsas **effeminat**, quae illo uerborum habitu uestiantur.// \\  « Il en est ainsi pour le style translucide et chatoyant de certains orateurs, dont il **effémine**     les idées qu’il revêt d’une telle pompe verbale » (traduction J. Cousin, 1978, CUF).
  
-    * Cic. //Tusc//. 1, 95 : //Nam nunc quidem cogitationibus mollissimis **effeminamur**, ut, si ante mors aduentet quam Chaldaeorum promissa consecuti sumus, spoliati magnis quibusdam bonis inlusi destitutique uideamur.// \\ « Car, pour le moment, nous nous laissons **efféminer**    par les idées les plus lâches, au point que si la mort venait à nous frapper avant que ne se réalisent les promesses des Chaldéens, nous nous croirions dépouillés de biens d’une importance considérable, joués et dupés » (traduction J. Humbert, 1931, CUF). 
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-    *  Quint. //Inst//. 8, //prooem//. 20 : //Similiter illa translucida et uersicolor quorundam elocutio res ipsas **effeminat**, quae illo uerborum habitu uestiantur.// \\ « Il en est ainsi pour le style translucide et chatoyant de certains orateurs, dont il **effémine**    les idées qu’il revêt d’une telle pompe verbale » (traduction J. Cousin, 1978, CUF). 
  
 (2) « rendre femme en ôtant (concrètement) la virilité, émasculer » : cet emploi, plus tardif, est attesté uniquement à partir de Lactance. (2) « rendre femme en ôtant (concrètement) la virilité, émasculer » : cet emploi, plus tardif, est attesté uniquement à partir de Lactance.
  
  
-    * Lact. //Epit//. 8, 6 : //Mater ipsa post fugam et obitum uiri cum in Phrygia moraretur, uidua et anus formosum adulescentem in deliciis habuit et qui fidem non praestiterat, ademptis genitalibus **effeminauit**.// \\ « La Mère des dieux elle-même, après la fuite et la mort de son mari, demeurait en Phrygie, quand, déjà veuve et avancée en âge, elle fit ses délices d’un beau jeune homme et, parce qu’il ne lui était pas resté fidèle, elle lui ôta les parties sexuelles et en fit une femme. » (traduction M. Perrin, 1987, Sources Chrétiennes) +    * Lact. //Epit//. 8, 6 : //Mater ipsa post fugam et obitum uiri cum in Phrygia moraretur, uidua et anus formosum adulescentem in deliciis habuit et qui fidem non praestiterat, ademptis genitalibus **effeminauit**.// \\  « La Mère des dieux elle-même, après la fuite et la mort de son mari, demeurait en Phrygie, quand, déjà veuve et avancée en âge, elle fit ses délices d’un beau jeune homme et, parce qu’il ne lui était pas resté fidèle, elle lui ôta les parties sexuelles et en fit une femme. » (traduction M. Perrin, 1987, Sources Chrétiennes)
  
--**// Fēmĭnā-re //      **      //(-āui, -ātum) //     est un verbe dénominatif bâti sur //fēmina//    par ajout du morphème verbal en //ā//, qui conserve ici le phonème final de la base de dérivation. Le lexème n’a que quelques occurrences, qui permettent de distinguer deux significations : \\ \\ (1) le même sens qu’//effēminare//    « modifier en conférant des caractéristiques propres aux femmes (lâcheté, faiblesse) », d’où « dépraver ». On en trouve une occurrence unique chez Cicéron((Puisqu’il s’agit d’un passage poétique, on pourrait songer à une dé-préverbation.)) (//carm. frg//. 33, 27 : //sic feminata uirtus//), et une autre beaucoup plus tardive chez Diomède, grammairien du IV<sup>e</sup>siècle ap. J.-C. (//GLK//    I 471, 11). (2) un sens douteux, peut-être « se masturber »((Sens fourni par le //Dictionnaire Latin-Français// de F. Gaffiot, qui cite cette occurrence ; le //TLL// ne donne aucune périphrase ou synonyme, et indique simplement //dubia notione//.)), d’après une occurrence trouvée chez Caelius Aurelianus, médecin du V<sup>e</sup>siècle ap. J.-C. : 
  
-    * Cael.-Aur. //Chron//. 4, 9, 133 : //nemo //      […]// pruriens corpus **feminando**    correxit.// \\ « Il n’y a personne qui, éprouvant des démangeaisons, ait réussi à guérir son corps en se masturbant. » (traduction M. Guérin)+-**// Fēmĭnā-re //    **    //(-āui, -ātum) //      est un verbe dénominatif bâti sur //fēmina//     par ajout du morphème verbal en //ā//, qui conserve ici le phonème final de la base de dérivation. Le lexème n’a que quelques occurrences, qui permettent de distinguer deux significations : \\  \\  (1) le même sens qu’//effēminare//     « modifier en conférant des caractéristiques propres aux femmes (lâcheté, faiblesse) », d’où « dépraver ». On en trouve une occurrence unique chez Cicéron((Puisqu’il s’agit d’un passage poétique, on pourrait songer à une dé-préverbation.))(//carm. frg//. 33, 27 : //sic feminata uirtus//), et une autre beaucoup plus tardive chez Diomède, grammairien du IV<sup>e</sup>siècle ap. J.-C. (//GLK//     I 471, 11). (2) un sens douteux, peut-être « se masturber »((Sens fourni par le  Dictionnaire Latin-Français de F. Gaffiot, qui cite cette occurrence ; le  TLL ne donne aucune périphrase ou synonyme, et indique simplement  dubia notione)), d’après une occurrence trouvée chez Caelius Aurelianus, médecin du V<sup>e</sup>siècle ap. J.-C. : 
 +    * Cael.-Aur. //Chron//. 4, 9, 133 : //nemo //    […]// pruriens corpus **feminando**     correxit.// \\  « Il n’y a personne qui, éprouvant des démangeaisons, ait réussi à guérir son corps en se masturbant. » (traduction M. Guérin)
  
  
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-- **//Effēmĭnāt-ē //      **      « de manière molle, efféminée » est un adverbe construit par l’ajout du morphème (suffixe) adverbial –//ē//    sur le thème de l’ancien participe parfait passif devenu adjectif //effēmĭnātus, -a, -um//). Le lexème est attesté à partir de Cicéron : +- **//Effēmĭnāt-ē //    **    « de manière molle, efféminée » est un adverbe construit par l’ajout du morphème (suffixe) adverbial –//ē//     sur le thème de l’ancien participe parfait passif devenu adjectif //effēmĭnātus, -a, -um//). Le lexème est attesté à partir de Cicéron : 
 +    * Cic. //Off//. 1, 14 : […]// ne quid indecore **effeminate**ue faciat [natura].// \\  « […] afin que la nature ne fasse rien de manière déshonorante ou **molle**. » (traduction M. Guérin)
  
-     * Cic. //Off//. 1, 14 : […]// ne quid indecore **effeminate**ue faciat [natura].// \\ « […] afin que la nature ne fasse rien de manière déshonorante ou **molle**. » (traduction M. Guérin)  
-Cet adverbe s’oppose pour le sens à //uiriliter//, l’antonymie des deux adverbes //effeminate//    vs //uiriliter //      étant parallèle à celle des deux substantifs //fēmina vs uir //:  
  
-    * Val.-Max.2.7.9 :// Id egit Piso ut //      […]// amarum lucis usum experirentur mortemque, quam **effeminate**    timuerant, **uiriliter**    optarent.// \\ « Pison a réussi ainsi à les obliger à trouver amère la lumière dont ils jouissaient encore et à souhaiter la mort, qu’ils avaient redoutée **comme des femmes**, **pour redevenir**      **des hommes**      » (traduction R. Combès, 1995, CUF).+Cet adverbe s’oppose pour le sens à //uiriliter//, l’antonymie des deux adverbes //effeminate//     vs //uiriliter //    étant parallèle à celle des deux substantifs //fēmina vs uir //:
  
-- **//Fēmĭn-īnē //      **      « au genre féminin » (sens grammatical) est un adverbe –//ē//    bâti sur le thème //fēmĭnīn-//    de l’adjectif //fēmĭn-īnus, -a, -um//, dérivé en -//īnus//    sur //fēmĭn//      //a//. Le lexème est tardif, attesté à partir de Festus (II<sup>e</sup>siècle ap. J.-C.) :  
  
-    * Festus //apud//    P.F. 296,26-27 L : //Amnem autem **feminine**    antiqui enuntiabant.// \\ « Les Anciens utilisaient le mot //amnis//    "fleuve" **au genre féminin**» +    * Val.-Max.2.7.9 :// Id egit Piso ut //    […]// amarum lucis usum experirentur mortemque, quam **effeminate**     timuerant, **uiriliter**     optarent.// \\  « Pison a réussi ainsi à les obliger à trouver amère la lumière dont ils jouissaient encore et à souhaiter la mort, qu’ils avaient redoutée **comme des femmes**, **pour redevenir** **des hommes**    » (traduction RCombès, 1995, CUF).
-===== 5.4. Associations synchroniques avec d’autres lexèmes=====+
  
  
-Le lexème //fēmina//, dont la polysémie est réduite, entretient peu de relations de synonymie avec d’autres lexèmes. On peut toutefois citer comme son para-synonyme le terme //mulier, -eris//, F.avec lequel il partage la signification « femme ». La synonymiecependant, n’est que partielle. En effet //mulier//, comme fr. //femme//, signifie à la fois « être humain de sexe féminin » (opposé à « homme », lat. //uir//) et « être humain de sexe féminin adulte » (opposé à « petite fille » ou « jeune fille », lat. //puella//((Il convient d’être particulièrement prudent en maniant le terme fr. //femme//, qui possède en fait trois significations :+- **//Fēmĭn-īnē //    **    « au genre féminin » (sens grammatical) est un adverbe –//ē//     bâti sur le thème //fēmĭnīn-//     de l’adjectif //fēmĭn-īnus-a-um//dérivé en -//īnus//     sur //fēmĭn//    //a//. Le lexème est tardifattesté à partir de Festus (II<sup>e</sup>siècle apJ.-C.) : 
 +    * Festus //apud//     P.F. 296,26-27 L : //Amnem autem **feminine**     antiqui enuntiabant.// \\  « Les Anciens utilisaient le mot //amnis//     "fleuve" **au genre féminin**. »
  
  
-(1) être humain de sexe féminin, sens partagé avec lat. //mulier//    et lat. //femina//. +===== 5.4Associations synchroniques avec d’autres lexèmes. =====
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-(2) être humain de sexe féminin adulte, sens partagé avec lat. //mulier//. +
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-(3) être humain de sexe féminin marié (fr//épouse//), sens qu’il ne partage, à l’époque classique, ni avec lat//mulier//    ni avec lat//femina//, mais que //mulier//    acquérera à l’époque tardive.))); au contraire, //fēmina//    ne traduit fr. //femme//    que lorsque ce dernier peut être paraphrasé par «être humain de sexe féminin» : le sème /adulte/ n’est jamais présent dans //fēmina//((Voir <html><a href=":dictionnaire:femina8#A. M. MARTIN-RODRIGUEZ (2001, 856-857)">A. M. MARTIN-RODRIGUEZ (2001, 856-857)</a></html>.)) +
-Autrement dit, si l’on fait entrer //fēmina//    et //mulier//    dans des systèmes d’opposition afin de mieux délimiter leurs significations respectives, on obtient : +
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-- //mulier//    — //uir//    ET  //fēmina//    — //uir//   ⇒  La signification « être humain de sexe féminin » est commune aux deux lexèmes. \\  +
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-- //mulier//    — //puella//    MAIS NON  //fēmina//    — //puella//   ⇒  La signification « être humain de sexe féminin adulte » est propre à //mulier//. \\  +
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-- //fēmina//    — //mas//    MAIS NON  //mulier//    — //mas//   ⇒  La signification « être vivant de sexe féminin » est propre à //fēmina//. +
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-[[:dictionnaire:femina4|Revenir au § 4]] ou [[:dictionnaire:femina|Revenir au plan]] ou [[:dictionnaire:femina6|Aller au § 6]] +
  
  
 +Le lexème //fēmina//, dont la polysémie est réduite, entretient peu de relations de synonymie avec d’autres lexèmes. On peut toutefois citer comme son para-synonyme le terme //mulier, -eris//, F., avec lequel il partage la signification « femme ». La synonymie, cependant, n’est que partielle. En effet //mulier//, comme fr. //femme//, signifie à la fois « être humain de sexe féminin » (opposé à « homme », lat. //uir//) et « être humain de sexe féminin adulte » (opposé à « petite fille » ou « jeune fille », lat. //puella// ((Il convient d’être particulièrement prudent en maniant le terme fr.  femme mulier et lat.  femina mulier épouse ), sens qu’il ne partage, à l’époque classique, ni avec lat.  mulier ni avec lat.  femina , mais que  mulier acquerra à l’époque tardive.))); au contraire, //fēmina//     ne traduit fr. //femme//     que lorsque ce dernier peut être paraphrasé par «être humain de sexe féminin» : le sème /adulte/ n’est jamais présent dans //fēmina// ((Voir  < html> < < /a> < /html>.))Autrement dit, si l’on fait entrer //fēmina//     et //mulier//     dans des systèmes d’opposition afin de mieux délimiter leurs significations respectives, on obtient :
  
  
 +- //mulier//     — //uir//     ET  //fēmina//     — //uir//      La signification « être humain de sexe féminin » est commune aux deux lexèmes. 
 +- //mulier//     — //puella//     MAIS NON  //fēmina//     — //puella//      La signification « être humain de sexe féminin adulte » est propre à //mulier//. 
  
  
 +- //fēmina//     — //mas//     MAIS NON  //mulier//     — //mas//      La signification « être vivant de sexe féminin » est propre à //fēmina//.
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 +[[:dictionnaire:femina4|Revenir au § 4]] ou [[:dictionnaire:femina|Revenir au plan]] ou [[:dictionnaire:femina6|Aller au § 6]]