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dictionnaire:cognoscere2 [2012/02/08 16:14]
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desiderio
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-<html><div class="titre">cŏgnōsco, is, ĕre</div></html> \\ +<html><class="lestitres">cŏgnōsco, is, ĕre</p></html> <html><center><big><big>(verbe)</big></big></center></html> 
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 +====== 2. Morphologie ======
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 +===== 2.1. Indications grammaticales =====
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 +//Cognōscō//, inf. prés. actif //cognōscĕre// ; parfait //cognōuī //; supin //cognitum //; part.//// parf. passif// cognitus, -a, -um // « connu, reconnu ».
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 +===== 2.2. Variantes morphologiques =====
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 +À côté des formes pleines, le thème du parfait offre fréquemment des formes « contractes » : //cognōstī//, //cognōssem//, //cognōram//, etc., qui continuent peut-être (selon M. Keller 1992, 8) une flexion plus ancienne, de date indo-européenne. Cette position, cependant, ne fait pas l’unanimité et H. Seldeslachts (2001, 1-57), par exemple, défend une opinion différente.
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 +===== 2.3. Formation du lexème =====
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 +On rattache //cognōscere// à la racine indo-européenne *//ĝneh<sub>3</sub>//- signifiant « connaître ». Cette racine au degré plein donne phonétiquement en latin les séquences //gnō- / nō-//, qui constituent en synchronie deux variantes (probablement orthographiques dès l’époque archaïque, selon le [[:dictionnaire:cognoscere1|§ 1]]) du radical latin signifiant « connaître » attesté dans //nōscō, nōui// (voir ci-dessous les § [[:dictionnaire:cognoscere5#5.1.1. Deux préverbés en latin?|5.1.1.]] et [[:dictionnaire:cognoscere6#6.2. Etymologie et origine|6.2.]]). 
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 +La forme phonétiquement attendue pour le p.p.p. de //cognōscō// (sur le degré zéro de la racine i.-e. *//ĝnh<sub>3</sub>//- « connaître ») aurait été *//cognātus, -a, -um//((Cette réalisation latine en //-nā-// de la sonante longue i.-e. *-//n// (issue de la séquence i.e. *-//nh<sub>3</sub>//-) est effectivement attestée dans l’adjectif //ignārus// « qui ignore, ignorant », pourvu du préfixe négatif lat. //in-// (avec //i// bref) issu de lat.*//ĕn-// < i.-e. *-//n//- vocalisé.))
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 +. Pour expliquer le //ĭ// bref du supin //cognĭtum// et du p.p.p. //cognĭtus, -a, -um//, il faut probablement supposer l’existence d’un radical latin synchronique //cogn-// / //cogni//- « connaître » et « reconnaître », différent du radical //nō//- de //nōscō, nōui//, etc. Pour certains, le //ĭ// bref serait imputable à une adaptation de date latine. A. Christol((Proposition faite par A. Christol lors de la réunion des rédacteurs du //DHELL// du 19-2-2011.)), en effet, rappelle que le type //stā- / stă-// ((On trouve //ā// dans l’infinitif //stāre// « se tenir debout », mais //ă// dans le p.p.p. //stătus, -a, -um//, le nom de procès //stătus, -tūs// M. et les dérivés nominaux comme //stăbulum//, etc.)) avec deux allomorphes pour le même radical latin reposant sur la quantité de la voyelle, l’un en voyelle longue et l’autre en voyelle brève pour la même voyelle, est productif en latin((On trouve aussi cette opposition quantitative anciennement en latin pour les voyelles de timbre //e, i, u//. Cf. pour //e//: //uĕn-// dans //uĕnit// « il vient » et //uēn-// dans //uēnit// « il vint ».))
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 +. Dans le cas de //cognitus//, on pourrait supposer un ancien allomorphe en //ă// parallèle à %%*%%//cognā//- (dans %%*%%//cognātus//), avec fermeture attendue, ensuite, de ce //ă// en //i// bref en syllabe intérieure ouverte. Pour d’autres, au contraire, le //i// bref de //cognitus// pourrait être un fait hérité (cf. [[:dictionnaire:cognoscere6|§ 6]]).
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 +L’analogie de date latine qui a entraîné le vocalisme //ō// dans //nōtus// « connu » (p.p.p. de //nōscō//) et son antonyme morphologique à préfixe négatif //ignōtus// « inconnu » n’a pas eu lieu ici pour le p.p.p de //cognōscō//((L’extension analogique du //o// long de //nōscō, nōui// dans //nōtus// (et //ignōtus//) répondit au besoin d’éviter une homophonie avec //(g)nātus, -a, -um// « né », p.p.p. de //nāscor//. Par cet aménagement, le latin préserva deux radicaux synchroniques bien distincts par la forme, comme ils l’étaient par le sens. Cela était indispensable pour deux verbes usuels et tous deux fondamentaux dans la langue, de par leur valeur référentielle ainsi que leur fréquence très élevée. Cette adaptation latine a permis d’opposer clairement deux radicaux synchroniques à vocalismes qualitativement différents : //nō-// « connaître » et //nā-// « naître » (cf. aussi M. KELLER, 1992, 26-27).))
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 +. Cependant, à l’époque tardive, on trouve des réfections analogiques du p.p.p. avec un vocalisme //o// long (par exemple dans //cognotus est//, Itala //Luc//. 24, 35 [cod. d]), ce qui apparaît en synchronie comme une régularisation par alignement sur la forme usuelle du radical latin signifiant « connaître ».
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 +//Cognoscere// est formé grâce au préverbe //con//- (//co//-). Il finit par remplacer la forme simple //noscere// avec le même sens d’« apprendre à connaître, connaître. Ce phénomène de remplacement du verbe simple par l’un de ses préverbés (//compositum pro simplici//) est usuel dans le développement de la latinité et répond souvent au besoin d’étoffer le signifiant du verbe simple sans pour autant en changer la signification. La valeur sémantique du préverbe, par un processus de désémantisation, se trouve alors affaiblie. 
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 +Pour Cl. Moussy (cf. [[:dictionnaire:cognoscere5#5.1.3.2. Valeur ingressive|§ 5.1.3.2.]]), cependant, le préverbe //con-// dans //cognōscere // a plutôt une valeur ingressive concordant avec la valeur inchoative-progressive du suffixe //-scō// présent dans ce verbe.
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 +[[:dictionnaire:cognoscere1|Retour au § 1]] ou [[:dictionnaire:cognoscereplan|Retour au plan]] ou [[:dictionnaire:cognoscere3|Aller au § 3]]